Revue de littérature

1972

On the Concept of Health Capital and the Demand for Health

Grossman, Michael

Dans cet article fondateur, Michael Grossman propose un modèle économique où la santé est traitée comme un stock de capital durable que les individus héritent et entretiennent. Les consommateurs ne demandent pas de soins médicaux pour eux-mêmes, mais plutôt comme un moyen d'investir dans leur capital santé afin d'augmenter le temps disponible pour le travail et les loisirs. L'auteur explique que ce stock s'amortit naturellement avec l'âge, tandis que l'éducation et le salaire influencent l'efficacité de la production de jours sains. En utilisant une approche de capital humain, le texte démontre que les choix individuels déterminent la longévité et que la demande de santé réagit aux variations de prix et de revenus. Cette modélisation permet ainsi de distinguer la santé en tant que bien de consommation, procurant une utilité directe, et en tant que bien d'investissement, réduisant le temps perdu par la maladie.

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2007

Health as Human Capital: Synthesis and Extensions

Becker, Gary S.

La valeur statistique de la vie (VSV) est un concept économique qui mesure combien une personne est prête à payer pour réduire son risque de mourir, ou combien elle exige pour accepter un risque supplémentaire de décès. Ce n'est pas la "valeur" d'une vie individuelle, mais une estimation basée sur les choix collectifs face à des risques. Les économistes observent combien les gens paient (ou demandent) pour des changements très faibles dans la probabilité de mourir. En divisant la somme payée par la variation du risque, on obtient la VSV. La VSV sert à évaluer les bénéfices économiques des politiques de santé, de sécurité routière, ou d'investissements médicaux qui réduisent la mortalité. Elle permet de comparer le coût de mesures de prévention avec la valeur des vies potentiellement sauvées. La VSV dépend de plusieurs facteurs : l'âge, la richesse, le taux d'intérêt, et la taille du changement de risque. Elle n'est pas fixe : elle augmente avec la richesse et diminue généralement avec l'âge. Les estimations empiriques aux États-Unis varient entre 2 et 9 millions de dollars pour un jeune adulte, la plupart des études trouvant une valeur autour de 3 à 5 millions de dollars. La VSV inclut non seulement la perte de revenus futurs, mais aussi la perte de temps libre et d'autres aspects du bien-être.

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2019

A Theory of Socio-economic Disparities in Health over the Life Cycle

Galama, TJ., van Kippersluis H.

Cette source présente un modèle économique du cycle de vie analysant les disparités de santé selon le statut socio-économique. Les auteurs enrichissent la théorie du capital humain en y intégrant des comportements variés tels que les habitudes de vie, les conditions de travail et la longévité endogène. L'étude démontre que les individus plus aisés ou plus instruits investissent davantage dans leur santé car ils bénéficient d'un horizon de vie plus long pour rentabiliser ces efforts. Ce cadre théorique explique pourquoi l'écart de santé s'accentue à l'âge adulte, influencé par le coût marginal des comportements à risque et les bénéfices de la prévention. Enfin, les analyses dynamiques révèlent que la capacité à retarder la mort est un facteur crucial pour comprendre les inégalités sociales persistantes face au vieillissement.

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2007

The Value of Life and the Rise in Health Spending

Hall, R. E. & Jones, C. H.

Cet article de recherche analyse les raisons économiques expliquant pourquoi les dépenses de santé augmentent plus vite que le revenu global. Les auteurs soutiennent que cette tendance est une réponse rationnelle à l'enrichissement de la population, car l'utilité marginale de la consommation matérielle diminue plus rapidement que celle du prolongement de la vie. En utilisant des modèles économiques standards, l'étude démontre que la santé est un bien supérieur dont la valeur augmente proportionnellement avec la richesse individuelle. Les projections suggèrent que la part de la santé dans le PIB pourrait dépasser 30 % d'ici 2050 afin de maximiser le bien-être social. Finalement, cette évolution reflète un choix sociétal logique où l'achat d'années de vie supplémentaires devient plus précieux que l'acquisition de biens de consommation supplémentaires.

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2021

Deaths of Despair and the Future of Capitalism

Case, A., Deaton, A.

Ce livre analyse la chute de l'espérance de vie aux États-Unis, un phénomène inédit au sein des nations développées contemporaines. Les auteurs explorent la montée des décès liés au désespoir de vivre, incluant les suicides et les overdoses, qui frappent durement la classe ouvrière blanche. Le texte souligne un fossé croissant entre les diplômés universitaires et ceux qui n'ont pas de diplôme, ces derniers subissant de plein fouet la précarité économique. Cette crise est attribuée à un système de santé prédateur et à un capitalisme qui ne profite plus qu'à une minorité fortunée au détriment des travailleurs. En examinant l'érosion des structures sociales et familiales, les auteurs proposent des pistes pour réformer le capitalisme et restaurer la dignité humaine. Ce récit dresse le portrait d'un rêve américain en déclin tout en cherchant des solutions pour l'avenir.

1963

Uncertainty and the Welfare Economics of Medical Care

Arrow, KJ.

Ce texte examine comment l'incertitude et l'asymétrie d'information entre médecins et patients perturbent le fonctionnement classique du marché de la santé. Kenneth Arrow souligne que ces défaillances obligent la société à instaurer des institutions fondées sur la confiance et l'éthique plutôt que sur la simple recherche du profit. L'auteur analyse également les diverses modalités d'assurance, notant que la protection contre les risques financiers peut freiner la concurrence sur les prix et engendrer un aléa moral. Pour compenser l'incapacité des malades à juger la qualité des soins, des mécanismes tels que l'octroi de licences et des normes éducatives rigides deviennent indispensables. En fin de compte, le secteur médical se distingue par une organisation sociale spécifique qui supplée aux lacunes d'un système de prix impersonnel et imparfait.

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2013

The Economics of Social Determinants of Health and Health Inequalities: a resource book

World Health Organization - WHO

Ce document de l’Organisation mondiale de la Santé analyse les fondements économiques de l’investissement dans les déterminants sociaux de la santé. Le texte démontre que l'amélioration des conditions de vie, comme l'éducation, la protection sociale et l'urbanisme, est justifiable tant par l'efficacité économique que par l'équité. L'ouvrage propose des cadres méthodologiques, tels que les analyses coûts-bénéfices, pour convaincre les décideurs hors du secteur médical de l'intérêt de ces politiques transversales. Il souligne notamment comment la réduction des inégalités de santé peut stimuler la croissance et prévenir les crises financières. Enfin, cette ressource explore des preuves empiriques montrant que les interventions précoces, particulièrement durant l'enfance, génèrent un rendement sociétal élevé.

2024

Portrait de santé de la population selon le parcours de vie : pour agir collectivement

Directeur national de santé publique

Ce rapport du Directeur national de santé publique 2024 dresse un portrait exhaustif de l'état de santé des Québécois en adoptant une perspective fondée sur le parcours de vie. Le document analyse les gains et les défis persistants, depuis la période périnatale jusqu'à la vieillesse, tout en consacrant une section inédite aux réalités des Premières Nations et des Inuit. Bien que l'espérance de vie progresse globalement, le rapport souligne l'impact majeur des déterminants sociaux et des inégalités sur le bien-être collectif. Les experts mettent en lumière des enjeux contemporains prioritaires, tels que les répercussions de la pandémie de COVID-19, la santé mentale et l'adaptation nécessaire face aux changements climatiques. Enfin, l'ouvrage appelle à une mobilisation de tous les secteurs de la société pour favoriser la prévention et protéger les populations les plus vulnérables.